La réforme de la prévention canicule au travail entre pleinement en vigueur en France avec une obligation renforcée de sécurité à la charge des employeurs dès le 1er juillet 2025. Les simples recommandations laissent place à une réglementation dédiée aux risques liés aux fortes chaleurs, avec des obligations précises et un régime de sanctions à la clé.

Seuils de température et niveaux de vigilance canicule 2025

Le Code du travail ne fixe pas de température maximale légale interdisant le travail, mais l’INRS donne des repères clairs à adapter selon le contexte :

  • 30°C pour une activité sédentaire, 28°C dès qu’un effort physique est demandé.

  • Seuils à moduler selon l’humidité, le rayonnement solaire, la charge physique et la tenue de travail.

  • Vigilance jaune : pic ou épisode persistant de chaleur.

  • Vigilance orange : canicule confirmée, chaleur intense et durable.

  • Vigilance rouge : canicule extrême, niveau d’alerte maximal.

 

Les 4 obligations de l’employeur face à la chaleur

La réglementation impose une démarche structurée en quatre étapes, à documenter et réactualiser :

  • Identifier les postes et situations exposés à la chaleur.

  • Agir via le DUERP dès le 1er salarié, et le PAPRIPACT au-delà de 50 salariés, selon la vulnérabilité, le poste et le niveau de vigilance.

  • Réévaluer le risque à chaque changement de code vigilance.

  • Organiser un dispositif de signalement et de secours rapide, notamment pour les salariés isolés ou éloignés.

 

Mesures de prévention : eau, aménagement, EPI, formation

Le Code du travail et l’INRS listent des actions concrètes, non exhaustives :

  • Aménagement des locaux et postes : ventilation, climatisation, ombrage, zones abritées sur chantier, régulation de la température.

  • Organisation du travail : horaires réduits, pauses accrues, rotation des tâches, replanification des chantiers extérieurs.

  • Eau fraîche disponible en quantité suffisante (3L/jour minimum ou eau courante), maintenue fraîche pour les postes extérieurs.

  • EPI complémentaires (couvre-chef, tenues claires) sans remplacer les EPI de sécurité obligatoires (casque, gants, chaussures).

  • Formation et information des salariés sur les bons réflexes, via affichage et réunions de sensibilisation.

 

Sanctions, droit de retrait et indemnisation : impact RH

Ce nouveau cadre implique une vigilance accrue côté RH, sous peine de conséquences directes :

  • Mise en demeure possible par l’inspection du travail, avec un délai de conformité de 8 jours.

  • Droit de retrait exerçable par tout salarié face à un danger grave et imminent.

  • BTP : le chômage intempéries couvre les épisodes de vigilance orange ou rouge.

  • Autres secteurs : activité partielle mobilisable auprès de la DDETS, en justifiant le caractère exceptionnel de l’épisode.

 

Des ressources pratiques sont disponibles sur le site de l’INRS pour accompagner les employeurs dans cette mise en conformité.